Anciens du Gué - version du 9 août 2022

-4-- Promotion 57-60 - Hommages

Cette page a commencé par s'appeler Hommage, au singulier. 

Mais il y a peu d'hommages sans tribut, 

le temps réclame sa part, 

comme nous le savons tous... 

et de singulier, notre hommage est passé au pluriel.

 

Hommages à nos anciens :

- BERNARD LARCHER

- GUY JAY

 

HOMMAGE À GUY JAY

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Gérard ALZAY (promo 57-60) nous a informé que l'un des nôtres, "un gars du Gué" de sa promotion, a rejoint le grand club dit de "l'éternel repos". 

"Notre ami Guy JAY est décédé ce matin, 3 mars 2022.

Très mauvaise nouvelle, comme certains d’entre vous le savaient déjà, notre ami Guy JAY, attaqué par la Covid, en souffrance au CHU de Rouen depuis une dizaine de jours, est décédé ce matin, 3 mars 2022.

Il avait eu un premier vaccin mais, vraisemblablement pour des raisons techniques, il n’avait pas eu les suivants…

Il était surchargé de travail par un ouvrage sur les montagnes Chamoniardes, qui l’ont amené à un périple en hélico qui a laissé des traces, sur son cœur déjà malade. 

Nos pensées vont à Sylvianne, seule maintenant, face aux difficultés qu'elle aura à surmonter. 

Gérard"

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Ci-après le texte d'adieu de Pierre POMA à Guy JAY rédigé et lu à l'occasion des obsèques qui se sont déroulées dans sa bonne commune de JARZY, le 8 mars 2022, par un très beau temps.

TEMOIGNAGE PIERRE POMA
CÉRÉMONIE FUNÉRAIRE GUY JAY
LE MARDI 8 MARS 2022

Que l’on soit enfant, adolescent ou adulte, nous aspirons souvent à être autre, prenant pour modèle un proche, un copain, un ami.  Envie, sans être envieux, de posséder ses qualités, sa façon d’être.
Moi, mon modèle, ma référence, mon envie d’être, ce fut Guy.

A 15 ans, en internat, au collège, une école qui se voulait être des métiers d’arts, nous fumes des adolescents frondeurs, rebelles à l’autorité. Il en était un des leaders, déjà leader. Cela ne l’empêche pas d’être un bon élève, un très bon élève, affirmant un « coup de pattes certain », graphiste déjà.
Ce n’est pas par hasard si, muni d’un modeste CAP de staffeur ornementiste, il est admis à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués avant de fréquenter celle des Beaux-Arts.
Admiratif, je fus.

A peine 20 ans, rencontre avec une – très – jeune fille en mal d’affection parentale. Ils se fréquentent. Ils se marient. Paternité précoce parallèlement à un service militaire tardif. Il assume. Ils sont trois.

Premier chantier, un vétuste et minuscule 20 m² dans le XIVème arrondissement, rue du Château, qui n’a de château que le nom. Il le transforme en un studio design, compact façon camping-car.
Chapeau !! de la part du joyeux, irresponsable et limite immature que j’étais.

Premier boulot : architecte mobilier, dit d’intérieur. Il piaffe de n’être qu’exécutant. Il conçoit, suggère. Il est reconnu. 

La Montagne, il l’aime. La famille -ils sont quatre- s’installe, locataire du côté de Grenoble. En même temps, achat d’un vague chalet rural, qui retapé de ses mains passe de résidence secondaire rustique à une confortable résidence principale un peu plus tard. Il se met à son compte, courageux et inconscient, il crée un atelier de maquettes qui deviendra progressivement source d’emplois familiaux. Il n’y aura aucun atelier de maquettes de cette qualité en Rhône-Alpes. Il ne s’agit pas de maquettes déco, non ! Ce sont des réalisations techniques, maîtrisées, qui servent d’étude aux urbanistes. Voir, par exemple, la maquette de Villeneuve lès Grenoble. Ou celle de la réalisation d’une centrale électrique, qui servira de référence aux ingénieurs EDF. Pour ne citer que ces deux exemples.
Chapeau ! Admiratif toujours, je suis.

Séparation.
Il s’implante de nouveau et toujours en Savoie. Une improbable grange devient maison d’habitation aimable à coups de truelle.

Problème de santé, Sénégal, réhabilitation d’une maison coloniale à l’île de Gorée. Ile, symbole de l’esclavage. Ile qu’il valorise par l’image, par des aquarelles. Aquarelles très précises dans leur exécution, sans concession à l’esthétisme, aquarelles qui ne sont pas sans rappeler celles des aquarellistes de marine embarqués au XVIIème siècle vers des Nouveaux Mondes à conquérir.
Retour en France. En Ardèche. D’une ingrate pseudo villa, bétonnière aidant et réseaux électriques faisant, il en fait une accueillante maison.
Séparation de nouveau.

Maroc qu’il a connu préalablement grâce à « notre ami le roi » pour lequel il avait préalablement fait et conçu des projets architecturaux et autres monuments. Maroc où il crée, fidèle au style du pays, un copieux ryad.
Pas facile, compliquée, la gestion. Naïf, il est abusé. Il revient en Ardèche quelques temps. Seul.

Quelques temps avant  le COVID, il s’installe du côté de Rouen. Nouvelle vie de couple. Comme à l’accoutumée, il re-re-re-construit un atelier de travail : dessins, aquarelles, architecture en tout genre. Ses réalisations, ces derniers mois : une série d’aquarelles, une quarantaine, sur la montagne, celles du Massif du Mont-Blanc, il lui en restait à peine une demi-douzaine à finir pour un ouvrage à paraître.
Remarquable !

Dessinateur exceptionnel, à l’exécution rigoureuse, à l’identique de son travail, sobre, dépouillé de toute anecdote ; la forme au service du fond, jamais ou si peu de concessions dans ce qu’il entreprend.

Sa sensibilité, son intérêt pour la chose commune, son inclinaison à s’investir immédiatement, totalement pour le bien collectif, se concrétisera en devenant Maire. Il sera un des artisans du Parc Naturel Régional, il participera au développement local, à la valorisation du territoire. Cette montagne, c’était aussi SA montagne.

C’est un homme de décision, rapide, très rapide, peut-être parfois trop rapide, mais sachant toujours rebondir. Se projetant toujours dans l’avenir, n’avait-il pas, à l’hôpital, une semaine avant de décéder, fait une analyse critique sur la gestion de l’habitat dans le village où il avait pris récemment racine, critique oui, mais aussi propositionnel.
Exemplaire !

Décidemment, j’aurais aimé être cet homme-là, volontaire, pugnace, efficace.

                                    Le 8 mars 2022,

Pierre POMA,
Copain historique
Et de toujours.

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Pour l'anecdote, Gérard ALZAY m'a adressé ses vœux le 4 janvier en y associant les documents qu'il avait préparé pour relancer la réunion anniversaire de sa promo au Gué. 

En relisant ces documents, j'ai été frappé par l'un d'entre-eux car les mots qu'il y avait employés pour Guy peuvent paraître inspirés par un pressentiment inconscient :


Guy JAY tu es auto-inscrit depuis longtemps pour cette excursion vu que tu en 
es l’investigateur principal. Sylvianne va prendre soin de toi pour que tu ais
une forme Olympique. Ménage-toi bien, évite les vitesses ascensionnelles trop
rapides même si les paysages sont à couper le souffle. Nous attendons tous le 
résultat de ton travail avec un grand intérêt. Prends bien soin de ton cœur…
Évite de fréquenter ceux qui ont eu la varicelle, mets bien ton masque en sortant. 

 


 

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Pour ceux qui ne connaissaient pas le travail de Guy, vous pouvez trouver un grand nombre de ses oeuvres sur son site : www.guyjay.com/

Pour ceux qui connaissaient son travail vous aurez sûrement plaisir à parcourir ce site où ses œuvres sont classées chronologiquement et par exposition. 

 

Guy JAY, Aquarelles, Montagnes
l'aiguille du midi (aquarelle de Guy JAY)

 

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HOMMAGE À BERNARD LARCHER

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Actualité du 23 décembre 2020

Triste actualité aujourd'hui, ou plutôt hier...

Gérard ALZAY (promo 57-60) nous a informé que l'un des nôtres, Bernard LARCHER, "un gars du Gué" de sa promotion, ne répondra plus jamais présent au projet de fêter le 60éme anniversaire de leur promo dans les murs de notre cher château (projet 60 ans). 

Bernard LARCHER

Je laisse à Gérard le soin des mots à la mémoire de Bernard :

"Bernard LARCHER notre camarade de promo 57/60 vient de nous quitter.

Il est décédé d’un cancer du fumeur à l’hôpital de Marseille, le 13 novembre dernier.

Il avait fumé son unique cigarette en 1ère année au Gué et n’avait jamais refumé depuis. 

Pour lui c’était très mauvais et se rappelait avoir vu des pas riches faire sécher des clopes,

ça l’avait marqué.

ci-joint un petit topo que j’ai trouvé sur internet."

 

 

Gérard précise également que la vie continue et que c'est aussi rendre hommage à Bernard que de mener à bien ce qu'il avait entrepris avec ses camarades :

"Nous n’abandonnons pas notre projet, nous allons attendre que ça se calme." 

Comme le disent les artistes "the show must goes on".

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Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer Bernard LARCHER hormis par quelques échanges d'e-mail. C'était bien suffisant pour reconnaître cette petite émotion pudique, souvent cachée, qui unit au delà du temps et des lieux les membres de notre Communauté des "Gars du Gué". 

Au nom de ce site qui représente les anciens du Gué qui veulent bien s'y reconnaître (de près ou de loin), 

J'adresse nos plus sincères condoléances à la famille de Bernard et à ses coturnes de l'époque. 

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