Anciens du Gué - version du 16 janvier 2022

4--- Promotion 60-63

Journal d'un ancien de la promo 60-63

Vous trouverez ci-après le fruit d'une correspondance électronique que j'ai entretenue avec Jacques GÉRIN, un ancien de la promo 60-63, en décembre 2021.
Nous avons échangé une bonne douzaine d'e-mails émaillés (😏 il fallait la faire celle-là !) de questions, réponses, photos... 
Afin d'en faciliter la lecture, le texte ci-après constitue une compilation de nos échanges. Je leur ai donné une structure (autre que chronologique) et ajouté quelques commentaires personnels et un minimum de liaisons tout en cherchant à préserver au maximum les textes originaux de Jacques et sa confiance. J'ai l'intime conviction d'en avoir respecté et restitué l'esprit. Quoiqu'il en soit, je suis bien évidemment à l'écoute de Jacques pour modifier ou supprimer tout ce qu'il estimerait trahir ses mots ou sa confiance. 


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La découverte de ton site remue beaucoup de choses…

À l'origine de cette découverte, une première surprise liée à mes petites filles :
Excellentes élèves, elles veulent se diriger vers le design, la décoration et peut-être la mode. 
Dans leur recherche d'une école : le Gué-à-Tresmes… ! 
Je n'y suis pour rien, ne connaissant pas les nouvelles disciplines enseignées. 
Visite « porte ouverte » des deux petites filles accompagnées de grand mère, mon épouse. 
Aller-retour Meaux-Melun et retour à midi avec excitation, plaisir et sûrement un peu de curiosité : « Jacques, écoute, je viens de rencontrer tes anciens copains de l'école, ils t'attendent ». 
Même itinéraire l'après midi et je retrouve GAFFIER, GAILHARD, COLSON, HILLAIRIN et d'autres (photos ci-jointes). Échange d'adresses. Je ne savais pas qu'il existait une association. 
Après le Gué, mes petites filles ont fait « Boulle » puis une autre école. Elles sont maintenant designer et ingénieur. C'était le 17 mars 2007.

Deuxième surprise : il y a quelques semaines, je cherche si l'association de GAILHARD est sur le Net, question de renouer, si c'est possible, avec quelques uns des anciens. Et là, je tombe sur ce site…

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"MON" SOUVENIR DU GUÉ À TRESMES

Mes textes ci-dessous se résument à une aventure personnelle, la mienne.
Ce sont MES souvenirs du Gué (pas influencé par la lecture de ce site des anciens), c'est donc ce qui m'a marqué, ou plu, ou déçu, avec des petits détails, des noms, des numéros, des expressions...

Eh bien voilà. Le Gué-à-Tresmes, il faut l'avouer, c'est « le trou du cul du monde ». Betteraves à droite, betteraves à gauche. Les sorties ? La messe à Congis (pour assister à la messe ou comme prétexte et prendre un peu l'air ?) Et de loin en loin, le match de foot à Etrepilly (pour voir le foot ou…). Reste "le centre" (appelation intime de notre cher Gué à Tresmes). Les clubs. Un club théâtre qui présente «Les dix petits nègres » pour la fête de fin d'année, le cinéma, un club « jazz » où je découvre Miles Davis, Grapelli et Lou Bennet (j'ai encore les vinyles). Et voilà comment après 2 km d'effort on sert la messe et on sonne les cloches à Congis. Pour le cinéma, il me semble que c'était un itinérant allant de village en village qui passait par le Centre après avoir fait Congis. J'y ai vu « Crin blanc » et le « Casabianca » et peut-être d'autres dont je ne me souviens plus… Le foyer, la salle d'étude et de perm' et son poêle au rez de chaussée (au dessus, les dortoirs et le grenier) servaient aussi de refuge. Au fond de la perm', à gauche, des casiers pour les affaires de classe (ou autre souvent aussi, comme pour le « Grand Duduche » il s'y passait des choses… pas un élevage de lapins, mais des expériences...). Pour les vêtements et autres affaires personnelles, les valises, c'était au dortoir ou au grenier qu'il fallait monter.

Ah, le dortoir… Les jours de gel, il y avait des fleurs en cristaux de glace sur les carreaux coté route, non non pas dehors, dedans ! Et les gants de toilette, mis à sécher au pied du lit ont quelques fois gelé. Les gros tubes du chauffage n'ont pas toujours été efficaces ou ne fonctionnaient pas bien du tout ! La douche ! Au vu des photos sur le site, je me souviens des petits berlingots Dop, rouge, vert, jaune … et du temps limité (pour ne pas user trop d'eau ?)

Plus efficace que le chauffage du dortoir, les poêles… de la salle d'étude, de l'atelier entre tours et bancs de coulage, de la salle à DIGUES, à POILEY et les corvées de bois et de charbon à aller chercher à la brouette, et le feu à allumer et à entretenir tout cela par nous-même. Quel élève accepterait cela maintenant ?

Mal aux dents : qui se souvient de la dentiste qui venait (au premier étage du château), à la demande ou sur rendez-vous je ne sais plus, avec sa roulette portative, le petit moteur blanc suspendu et son flexible. J'en ai encore des frissons.

Et des détails sans aucune importance sinon qu'ils polluent encore la cervelle : Mon N° de lingerie 124...
(pas si anecdotique que ça ! moi c'était 120. Pourquoi s'en souvenir encore ? -GG-) 

Ah... il y a de quoi faire un livre ! 

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LE TEMPS DES COPAINS

Difficile de parler des copains. Liberté, droit à l'oubli… 

Peu de choses à dire finalement sur les personnes (nos profs, nos encadrants). 
C'étaient des types biens, craints, respectés, des vrais pros ! 

Les noms, je ne suis pas fâché avec. Mais ils s'ajoutent aux quelques mille-deux-cents noms propres de ma carrière et la mémoire n'est plus aussi performante à 76 ans. 

C'est tout aussi vrai qu'à les lire des souvenirs reviennent et qu'internet (comme tu l'as fait remarquer) donne quelques fois des renseignements.

- LASMARTRE, c'est le donateur de ma première cigarette (j'ai arrêté 33 ans après). Son lit était à coté du mien. 

- Jean-Marc EHANNO, ce serait étonnant qu'il y en ait beaucoup qui portent ce nom. Je le connais très bien. Il a donné des cours de dessin à ma femme pendant plusieurs années à Vert-Saint-Denis (à coté de Melun) jusqu'à ce qu'elle décède en 2014. Je connaissais également bien Nadine Cosentino sa compagne, décédée en 2020. Nous nous sommes perdus de vue depuis 2014. J'étais allé prendre l'apéritif chez Nadine à Banyuls où habitait ses parents (maintenant décédés) et j'ai le numéro de téléphone, mais je n'ose appeler. Ce serait là que Jean-Marc se trouve encore de temps en temps. Il était en 3e quand je suis arrivé au Gué. Nous avons fait des sorties culturelles ensemble avec des anciens de Vert-Saint-Denis. Il ne sait donc toujours pas que nous nous connaissons depuis si longtemps … Où le retrouver ?

- Marcel AUQUE : une entreprise (entrepreneur individuel) à Béthune. Il est décédé à Béthune en 2011.

- DESCHAMP s'appelait Alain je crois et était en section céramique.

- DÉZIER s'appelait Jacques, section céramique, et est décédé en 2021. L'avant veille du C.A.P., tout le monde s'affaire à préparer, nettoyer. Jacques entreprend de nettoyer le tour à plâtre (le tour en marche ! grattage du volant vertical avec sa plaque d'ébéniste, graissage etc.). Son chiffon se prend entre le volant et le cylindre d'entraînement, lui entraîne la main et se retrouve pouce écrasé entre les deux. La première phalange est éclatée, mais il passera l'épreuve et sera reçu. Courageux hein …

- CASTELLANI était en staff.

- WEIAND s'appelait Patrick. Son papa était (disait-il) diamantaire à Paris ! Peut-être monteur de bijoux… ou tailleur de pierre. Un jour (il me l'a montré) il est venu avec un petit bocal contenant quelques pincées (une cinquantaine) de rubis, émeraude et autres pierres jaunes et bleues taillées bien sûr. Il est parti au Canada et est décédé là bas en 1996.

- Patrick DELOSOWICH, son père était directeur technique chez Peugeot ou Citroën (je ne sais plus) et Patrick dessinait à merveille, si nous lui demandions, des automobiles futuristes aux perspectives parfaites. 

- PINAULT ne se contentait pas des matchs derrière l'atelier et de la poutre. Il nous a donné des cours de natation dans le canal et c'est là que nous avons passé les épreuves avec à la clé un beau diplôme de 500 mètres (dans de l'eau pas toujours très claire...).

- J'ai pu aussi conserver quelques uns des mes dessins, mais peu, une dizaine peut-être. Et ils correspondent exactement aux preps à POILEY (prof de Dessin Technique). D'autres doivent être des cours à DIGUES (prof de Dessin Artistique), je ne sais plus. Tous ne nous étaient pas rendus. 
Ci-joint donc quelques dessins réalisés pendant leurs cours. 
François DIGUES faisait aussi l'histoire de l'art. Notre boulot était de faire des dossiers avec des gravures découpées dans des revues, ça et là, de les coller sur des chemises avec des titres et ses cours, violets (tirages à l'amoniac) de format A5.
(Là, cher Jacques, tu remues le fer dans la plaie : j'aimais tellement ce dossier, j'en étais tellement fier que je l'ai prêté à quelqu'un que je croyais digne de confiance. Je ne l'ai jamais revu ! -GG-) 

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MEMOIRE DE L'ATELIER CERAMIQUE 

Hommage à "Dédé (la céram')" Monsieur André COURANT (Meilleur Ouvrier de France) parti à la retraite en 1967 après une année de transmission vers Monsieur Jacques BONDON. 
(Remerciements à Jacques de partager ces souvenirs si proches des miens, faits avec un décalage de quatre ans-GG-) 

Je repense souvent à Dédé… et j'en parle car il a laissé des traces indélébiles. 
PERSO : je fais la cuisine… et impossible de travailler si évier et plan de travail ne sont pas vide et nickel ! Tout est nettoyé et rangé au fur et à mesure. Quand le repas est près, la cuisine est propre et vide… 
Maniaquerie ? Non c'était la première règle devant les tours à plâtre, une tête de tour bien dressée, mandrin en parfait état, outils propres à disposition, bassine toujours propre et huilée et plâtrat jeté au fur et à mesure et il m'étonnerai que la règle ai changé avec vous ! Comme quoi il reste toujours quelque chose…

Le mot à Dédé c'était : Il est bath, lui ! BAT bien sûr, rien à voir avec l'anglais. Traduisons : « Il est marrant, lui » ; ou « c'est du joli ! ; c'est beau ! ; c'est joli ! » C'est une expression qui date du XIXe siècle. Bath (ou « bat » donc) est un adjectif venu de l'argot, mais dont l'origine est discutée.
Elle viendrait soit de l'argot « batif » qui voulait dire « joli » ou « neuf », et utilisé par Vidocq, soit de la station balnéaire britannique Bath très prisée des gens de la haute société anglaise au XVIIIe siècle. (merci Wikipédia)

Le vert STR 176 de chez Couleur Paris. 
C'est une des couleurs qu'utilisait Dédé, parmi d'autres, le vert A75, ou le miel A … 74 ? brun A 76 peut-être et pleins d'autres... Plaquette échantillon cassée, planquée et rangée dans mes affaires (pas vu, pas pris !) ! 
C'était un vert parmi d'autres, mais mon petit échantillon de couleur est SACRÉ seul souvenir de ce bon temps d'insouciance avec un petit vase de 12 cm de haut, seul souvenir lui aussi de Dédé qui aimait bien les superpositions : un petit voile de bleu sur un rouge bordeaux, ou sur un vert avec un nuage d'or en 3e couche et 3e cuisson (photo jointe) mes parents n'ayant peut-être pas eu les moyens d'acheter une pièce plus importante à la fête de fin d'année ...

C'est PETIT qui nous fabriquait nos tournassins. Il suffisait de les commander 8 ou 10 jours avant, le temps qu'il achète des tournevis à Meaux et les modifie. 
Je possède encore ma boite à outils et tout son contenu ! Contenu qui m'a servi très longtemps. Ci-joint la photo de ma boite à outils d'époque ! Berthelet et tournassins sont rangés ailleurs car ils ont encore servi il y a peu (en amateur bien sûr). 

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HISTOIRES DE SOLIDARITÉ 

A cet âge, réfugié sur la même galère, il fallait bien être solidaires, réflexe animal, la meute… le clan...
C'était comme ça. Solidaire pour tout, pour s'occuper et faire des bêtises... même les conneries d'ado !!!
Quelques exemples parmi le plus marquants, voilà une bonne façon d'illustrer nos années du Gué :

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Le Candidat Libre du C.A.P. :

Tout le monde attend avec anxiété l'épreuve du C.A.P. C'est la porte d'entrée pour une suite. Le travail, une progression ; certains visent « Rue Blanche » pour les décors de théâtre, « Vierzon » pour un BTS etc. Le jour décisif est là, tous présents… plus un jeune de nos âges, venant de Fontainebleau en candidat libre.

Sujet : une tasse, le modèle, son premier moule et la mère de moule pour calibrage ; son anse, modèle et moule pour pressage avec dégorgeoir et tout ; la soucoupe idem la tasse, le tout en vingt heure je crois sous réserve et si j'ai bonne mémoire. Et les calibres de la tasse et de la soucoupe.

Visiblement, le candidat libre ne sait pas tourner ou mal. Décision vite prise, chacun lui fera une des pièces demandée.

L'épreuve est terminée. Jury : Dédé, un IPR, un patron et un quatrième me semble t-il, Popol peut-être. 
Tout le monde est reçu ! 
Les pièces bien alignées sur les marbres devant les tours à plâtre, tout ce beau monde s'apprête à sortir quand, va savoir pourquoi, 
le patron revient sur ses pas et remet chaque tasse dans son moule :  une tasse n'entre pas ! 
Forcément, si l'un a tourné le moule et l'autre la tasse. 
Explications du candidat libre, il a été obligé de refaire… rien n'y a fait et il a été recalé.

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Toujours la solidarité mais pour changer du vert STR 176 à Dédé, deux histoires qui virent au rouge. 

la Sardine :

Comme l'a dit l'un de nous, à l'époque pas de télé (ou très peu), pas de magnétoscopes, pas de transistors, très peu d'appareils photo (pas vus au centre, donc je n'ai rien à proposer), peu de cinéma (voir la suite), pas de portables, pas d'internet bien sûr… Donc il reste les batailles ! Batailles de polochon le soir au dortoir, batailles de pain et de petits pois à la cantine, jusqu'au jour où une sardine a eu la stupide et malencontreuse idée de glisser tout doucement le long du grand miroir (salle de gauche en entrant par l'arrière du château). Idée toute aussi stupide de CHATARD de rentrer dans le réfectoire à ce moment là (mangeant avec les profs dans la toute petite salle du milieu et sans doute dérangé par les cris). Là, il est devenu rouge ÉCARLATE. Qui a fait ça ? Allez savoir quand tout le monde lance quelque chose ! … 
CHATARD (ou Chattard), d'origine Corse je crois, était le surgé, on dit maintenant le CPE, petit, trapu, en blouse blanche, l'air toujours sévère (mais c'était peut-être une façon de se faire respecter...). 

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Les Boulettes de Terre :

A l'atelier c'était des boulettes de terre, parfois très grosses, que certains arrangeaient en « bombes à l'huile ». Il suffit de creuser la boule avec les pouces, y mettre de l'huile de colza qui servait à enduire les moules, de pincer les bords pour la refermer, et la lancer en visant le plus juste possible. 
Tu connais l'atelier, le grand couloir tout le long à gauche et les pièces à droite séparées par des cloisons. Au fond la cabine d'émaillage, les émaux, la vitrine avec les roches ; puis la pièce avec les fours, le bureau et ses étagères à droite. Tout en haut pour faire de la lumière une imposte vitrée, une verrière. Et dans ce bureau, à droite, en haut, et devant l'imposte, le chef d'œuvre de meilleur ouvrier de France à Dédé, le vase, très haut, dans les soixante-soixante dix centimètres, plein de godrons, de feuilles d'acanthes, d'anses tarabiscotées et son couvercle. La bataille fait rage et une boule de terre dévie de sa course, frappe le carreau qui se pulvérise. Le chef d'œuvre tangue, vacille et reprend sa place. Ouf ! Et Dédé sort de son bureau, rouge ÉCARLATE lui aussi, très très en colère, il y avait de quoi. 
Qui a lancé ce projectile ? C'est comme pour la sardine. On ne saura pas.

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Le Gué à Tresmes un monde idylique où règne la solidarité ? 

Pas à la cantine toujours. Ce sont les anciens qui font la loi. « Barbaque !» un coup de fourchette et c'est le plus rapide qui est servi et avec le plus gros morceau ! Idem le matin, il vaut mieux se lever et arriver tôt, sinon le bol de crème de marron (le beurre du pauvre) est vide… Mme Jean, toujours gentille et compréhensive nous ressert un peu. 

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Et voilà... C'était le Gué-à-Tresmes et mes souvenirs.

Je te joins plusieurs photos :
- le vase dont je parle précédemment 
- des dessins réalisés avec POILET et DIGUES
- des photos de la rencontre d'anciens au Gué en 2007 et de ma boîte à outils

Je n'ai pas encore pas retrouvé mon CAP, ni mon brevet de 500 nage, ni la photo des anciens avec les noms. 
Mais je ne désespère pas !

Encore merci pour ce retour en arrière et tous ces souvenirs.
jacques GÉRIN (décembre 2021)

(Au nom de tous les anciens, merci à toi Jacques -GG-) 

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ANECDOTE ajoutée posterieurement

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BORNICHE

Jacques a su éveiller (voire attiser) ma curiosité avec une photo de voiture légendée ainsi :

"la 301 sur laquelle Borniche s'est effondré !"

Je lui ai donc demander de développer cette phrase qui était pour moi une énigme.
Voici sa réponse :

"Borniche est le nom des anciens propriétaires je crois ou des gérants des biens … ou des métayers ou … j'en sais rien, nom de familles du coin de toutes façons car retrouvé en généalogie. Ce hangar, vide, était peut-être le moulin ? … ou autre chose, et je suis incapable de donner sa dimension ; peut-être 8 à 12 m de long sur 6 à 8 de large sans pouvoir préciser davantage, rempli de gravats, de bois, de poutres, et au beau milieu une 301 (peut-être l'auto à Borniche qui était là en épave, en très mauvais état de toutes façons). Le jour ou le bâtiment s'est effondré, tout a été enseveli sous les pierres des murs, de la charpente et des tuiles. Tu n'a pas pu connaître ! Puisque cela n'existait plus à ton arrivée. Presque parralèle à la route de Congis, l'entrée de ce bâtiment donnait vers la petite centrale électrique, vers la route de Meaux si l'on veut, le long de la Thérouane de toute façon."

Je vous fais grâce du détails de nos échanges.
Neanmoins il s'est avéré que finalement je connaissais ce bâtiment effondré dont l'accès était interdit au moment de notre promo. Bien sûr, ce que nous appelions "le vieux moulin" était pour nous un lieu bien tentant que nous avons peuplé de fantômes imaginaires et où nous avons mené des "chasses" mémorables (que nous éviterons d'évoquer davantage, même s'il y a prescription).

Par ailleurs la curiosité m'avait conduite à consulter l'annuaire 74 (document de la section Historique) que je n'avais exploité que pour les noms du répertoire des anciens.
Surprise ! le nom de Borniche qui ne me disait rien (hormis le policier/écrivain) y figure en plusieurs endroits : l'éditorial du Directeur Hubert Desagneaux et dans deux paragraphes du chapitre "Nouvelles du Gué & de ses anciens" rédigé par "le bureau". 

Sur cette base :
Anne-Auguste-Jacques comte de la Myre-Mory (capitaine au 3eme régiment de la garde royale). Ce dernier se retire en Guyenne, et le château (du Gué-à-Tresmes) est vendu en 1834 à un meunier du pays.

Jacques a creusé et découvert via la Généalogie (auteur Jean ROGER sur Généanet) :
Céline Flore BORNICHE 1791-1868 : son père est Antoine Charles Marie BORNICHE, cultivateur à May, et meunier au Gué-à-Tresmes (Congis)

CQFD. C’est lui l’acheteur en 1834. Le bâtiment était bien un moulin. Mais Edmond est décédé le 15 novembre 1888. Donc la Peugeot 301 (modèle 1933) ne peut pas lui appartenir et a été remisée là par les propriétaires suivants.

Nous en resterons là, le "mystère Borniche" semble élucidé et Borniche qui s'est effondré pendant la promo de Jacques, a disparu de la propriété entre 67, la fin de ma promotion, et 74 la publication de l'annuaire.

Jacques et Gilles

16 janvier. Jacques est décidément un généalogiste dans l'âme. Il a continué à "creuser" et nous fait part de ses trouvailles historiques :

4--- Promotion 60-63
4--- Promotion 60-63
4--- Promotion 60-63

Post-scriptum :
Pour ceux qui aurait des difficultés à "visualiser" l'emplacement de Borniche, je vous mets un lien vers une très intéressante section du  site de l'IGN : Remonter le temps.
Elle vous permet de comparer un lieu à deux périodes différentes. Le lien vous permettra de comparer le Gué actuel avec ce qu'il était vers 1950-65.
Je vous engage à comparer aussi avec la carte d'état major (1820-1866), je trouve fascinante la précision de cette carte.

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